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"Perspectives européennes de la pédagogie sur les lieux de mémoire portant sur l'époque du national- socialisme en France, Belgique et Allemagne“

Mémorial de l'ancien camp de concentration à Osthofen du 03 au 05 novembre 2008

Lundi, 3 novembre 2008

 

Discours de bienvenue: Volker Gallé, Président de l'Association des Amis du Projet de Osthofen

Volker Gallé présente brièvement le travail de l'Association des Amis du Projet de Osthofen; à l'aide de différents exemples, il explique les axes essentiels du travail de mémoire tel qu'il est effectué à Ostho­fen. L'association cherche le contact avec les visiteurs par le biais du dialogue (processus dialogique) et soutient à la fois la recherche et le développement de conceptions pédagogiques. Des groupes de visi­teurs issus de l'immigration constituent un nouveau défi pour le tra­vail de mémoire.

 

Discours de bienvenue: Uwe Bader, responsable du départe­ment „Travail de mémoire“ de la Centrale régionale de Forma­tion politique de la Rhénanie-Palatinat

Uwe Bader remercie avant tout les participants étrangers de leur présence; sans eux, une telle manifestation ne serait pas possible. Il souligne le fait que l'UE finançant ce projet contribue de manière décisive à la réussite de ce congrès.

Monsieur Bader remercie particulièrement Monsieur Jean-Michel Roth (AFMD Bas-Rhin) de ses initiatives et de sa coopération, mais il se montre aussi reconnaissant envers tous les autres partenaires en France, au Luxembourg et en Belgique.

De nombreuses manifestations se tenant en Allemagne dans le ca­dre du travail de mémoire mettent l'accent avant tout sur les événe­ments du 9 novembre 1938, c'est-à-dire sur ce que les nazis appelè­rent la „nuit de cristal” - nuit dans laquelle la minorité juive fut la victime d'une brutalité inimaginable. Grâce à de nouvelles recher­ches et grâce à des témoignages, on pouvait – selon Monsieur Ba­der – élargir le champ de connaissances historiques sur les crimes commis à l'époque nazie. Il reste toutefois beaucoup de choses à apprendre; nombreuses sont les sources qui attendent d'être explo­rées dans les archives.

Les responsables de la pédagogie sur les lieux de mémoire doivent cependant se poser la question de savoir si la manière, dont le travail de mémoire a été fait jusqu'à présent, correspond encore à l'esprit du temps et s'il ne vaudrait pas mieux sortir des chemins battus.

 

Allocution: Jean Michel Roth, AFMD Bas-Rhin

P. 25

 

Lors de la visite libre du site du mémorial du camp de Osthofen, les collaborateurs du mémorial accompagnent les visiteurs et leur donnent les informations nécessaires.

 

Travail de mémoire en Rhénanie-Palatinat (Uwe Bader, Centrale régionale de Formation politique de la Rhénanie-Palatinat)

Monsieur Uwe Bader donne un résumé de l'histoire de cet ancien camp de concentration tout en évoquant les difficultés que rencontre le travail de mémoire à Osthofen. Ainsi, on minimisa par exemple ce camp en le qualifiant de simple „camp de travail” bien que, sur la façade du bâtiment, fût lisiblement inscrit le terme de “Konzentra­tionslager” - désignation s'avérant tout à fait exacte lorsqu'il s'agit du traitement des prisonniers politiques – un traitement méprisant pour le genre humain. Osthofen, un des premiers camps de concentration sur le territoire allemand, devint camp officiel de l'Etat de Hesse; il exista jusqu'au mois de juillet 1934. Le Dr Werner Best est considéré comme le „chef spiritual” de ce camp. Par décret du 1er mai 1934, on donna à ce camp et à la terreur une apparence de légalité. A des fins de propagande, les nazis utilisèrent la presse déjà mise au pas pour „informer“ la population dans leur sens sur le soi-disant camp d'éducation. Le camp de concentration à Osthofen, tout comme d'autres camps de concentration de cette époque, avaient pour vo­cation de consolider le pouvoir et d'intimider les opposants à la dic­tature nazie,

Par la suite, Monsieur Bader donne un résumé de l'histoire du camp de concentration spécial SS de Hinzert où étaient détenus, dans des conditions des plus dures, des résistants luxembourgeois, des dé­portés NN de France et des pays du Benelux, des légionnaires ve­nant du sud de la France, des travailleurs polonais et ukrainiens contraints au travail obligatoire – faisant souvent partie du pro­gramme de re-germanisation WED – ainsi que des ouvriers alle­mands devenus „criminels“ qui devaient travailler, sur l'ordre de l'organisation Todt (OT), sur les chantiers de la „ligne Siegfried“.

Monsieur Bader trace ensuite les grandes lignes du travail de mé­moire en Rhénanie-Palatinat comprenant notamment les mémoriaux de Osthofen et Hinzert. Dans ce contexte, il évoque entre autres l'inauguration de l'exposition permanente à Osthofen en 2004 ainsi que l'ouverture du nouveau centre de documentation et de ren­contres à Hinzert en 2005. Il relève aussi la coopération qu'entretient la Centrale avec la LAG (organisme regroupant les responsables de tous les lieux de mémoire et toutes les initiatives ayant pour vocation de rappeler l'époque nazie en Rhénanie-Palatinat) et avec de nom­breux autres partenenaires dans de différentes régions européennes dont la collaboration récemment lancée avec le Musée Central des Prisonniers de Guerre à Łambinowice (voïvodie d'Opole). Dans ce contexte, Monsieur Bader annonce, pour l'année en cours, un stage commun d'enseignants polonais et allemands consacré aux lieux de mémoire en Rhénanie-Palatinat et en Pologne.

 

Visite de l'exposition permanente

Tour à travers les différentes sections de l'exposition permanente (camp de Osthofen, camp de concentration spécial SS de Hinzert, persécution et résistance en Rhénanie-Palatinat). Les visiteurs sont suivis par les collaborateurs du mémorial.

 

Présentation du travail pédagogique au mémorial de Osthofen (Heribert Fachinger, pédagogue et secrétaire général de l'Asso­ciation des Amis du Projet de Osthofen)

Monsieur Heribert Fachinger présente le travail pédagogique déve­loppé au mémorial de l'ancien camp de concentration de Osthofen. Le travail de mémoire s'est fixé comme objectif de transmettre un ensemble d'expériences historiques et personnelles. Les souffrances des détenus ne peuvent pas être comprises par les visiteurs puisque ceux-ci n'ont pas fait cette dure expérience; ils ne les ont pas endu­rées. Ainsi se constitue un clivage croissant entre ce que l'on perçoit aujourd'hui et ce qui s'est passé dans le temps. Les élèves ne par­viennent pas à combiner le présent avec le passé; l'époque nazie leur est étrangère. Mémoire, rencontre et apprentissage sont les maîtres mots du travail de mémoire développé au mémorial de Osthofen. Il est par conséquent prévu d'encourager encore davantage des projets limités à une seule journée ainsi que l'apprentissage par la découverte. En guise de préparation d'une visite du mémorial, Monsieur Fachinger recommande aux futurs visiteurs de prendre en considération les questions suivantes: Quelles expériences sont liées à une visite? Quelles connaissances de l'époque nazie existent déjà? Sur quelles questions / quelles idées les visiteurs souhaitent-ils parler à cet endroit? Quelles émotions et quelles imaginations s'y associent-ils? Le débat qui suit porte notamment sur les questions suivantes: Comment mettre en œuvre le „Plus jamais ça!”? Com­ment une nation culturelle put-elle commettre de tels crimes? Com­ment s'y prendre avec des groupes hétérogènes? Comment canali­ser son influence personnelle sur les élèves?

 

Travail pédagogique et travail de mémoire au Luxembourg (Steve Kayser, Directeur du Centre de Documentation et de Re­cherche sur l'Enrôlement forcé)

Dans son exposé, Monsieur Steve Kayser fait ressortir l'objectif prin­cipal de son travail, à savoir la prise en compte de son patrimoine. Tout le monde est censé assumer sa responsabilité. Il faudra que le „Plus jamais ça!” s'impose; on aura également besoin d'informer sur l'importance qu'a le passé à l'heure actuelle, et d'en parler.

Par la suite, Monsieur Kayser donne un résumé des événements-clés de l'époque nazie au Luxembourg: août 1940: le „Spengels­krich” qu'on appelle la guerre des insignes; 10 octobre 1941: la „Personenstandsaufnahme” qualifié par le terme référendum qui s'était avéré désastreux pour l'occupant allemand; 31 août 1942: la grève générale suivie d'actes de terreur commis par les occupants nazis. 3 % de la population faisaient partie de la résistance, et 3 % étaient des collaborateurs. Aujourd'hui encore, ce sujet est omnipré­sent au Luxembourg; il y a en effet deux journées de commémora­tion (27 janvier et 10 octobre) au niveau national; en plus, presque chaque commune luxembourgeoise célèbre sa propre journée com­mémorative, en fonction des événements locaux pendant les années 1940 – 1945. Au lendemain de la guerre, les victimes se sont asso­ciées dans de différentes organisations: en 2000 fut créé le „Comité de la Résistance“; et en 2006, ce sont même deux comités des anciens Luxembourgeois enrôles de force qui virent le jour. C'est en coopération avec la Centrale régionale de Formation politique de la Rhénanie-Palatinat et le mémorial de Hinzert que de jeunes ensei­gnants luxembourgeois suivent une formation continue en matière de travail de mémoire; il y a de surcroît plusieurs projets à ce sujet dans des établissements scolaires au Luxembourg.

Le „Mémorial de la Déportation” s'est fixé comme objectif les points suivants: découvrir le passé, comprendre le passé et préparer l'ave­nir.

 

Présentation du nouveau documentaire sur le camp de concen­tration et le mémorial de Osthofen

Mme Martina Ruppert-Kelly, Centrale régionale de Formation politi­que, donne une brève introduction et présente par la suite le docu­mentaire produit en 2008 et intitulé „'Au début, c'était la violence' – Le camp de concentration à Osthofen 1933/34”.

 

 

Mardi, 4 novembre 2008

 

Allocution: Dr Dieter Schiffmann, Directeur de la Centrale régio­nale de Formation politique

C'est au nom de la Centrale régionale de Formation politique que le Dr Schiffmann salue les personnes présentes au congrès. Dans son discours, il met l'accent sur le point commun qu'ont les participants, à savoir leurs régions d'origine qui sont toutes des régions frontalières, en l'occurence le théâtre non seulement des grandes guerres et des conflits de l'histoire européenne mais aussi celui de la violence, de l'anéantissement, de l'expulsion, de la déportation et de l'évacuation. Pour cette raison, le souvenir et la mémoire ont une fonction particu­lière dans ces régions; ils sont pourtant aussi marqués différemment en raison des différentes expériences faites dans chacune de ces régions. Pour créer un avenir commun, il faut prendre conscience des points de vue des autres; ce n'est que de cette façon que la coopération en matière de travail de mémoire sera couronnée de succès. Selon le Dr Schiffmann, ce congrès y apporte une contribu­tion importante.

Par la suite, il souligne la grande importance que revêt l'engagement de la société civile en faveur du travail de mémoire – un travail qui ne peut pas être accompli uniquement par l'Etat. La Rhénanie-Palatinat comptant plus de 30 initiatives locales, regroupées sous le toit de la LAG et mises en réseau entre autres avec la Centrale régionale de Formation politique, se trouve ainsi sur la bonne voie.

 

Allocution: Mme Brigitte Erzgräber, Ministère de l'Education, des Sciences, de la Jeunesse et de la Culture

Dans son discours, Madame Erzgräber transmet les salutations de Madame la ministre Doris Ahnen qui ayant d'autres rendez-vous ne pouvait pas faire le déplacement à Osthofen. Elle se dit contente que ce congrès réalisé grâce à une aide financière de l'Union Euro­péenne ait rencontré un écho très positif dans les pays voisins que sont la France, la Belgique et le Luxembourg. La coopération au niveau européen est la clé primordiale d'un travail de mémoire orienté vers l'avenir – d'un travail de mémoire qui à la fois préserve la mémoire des victimes et prend en considération les causes politi­ques et historiques du régime nazi. C'est en regardant au-delà des frontières de son pays que l'on se rend compte que le travail de tous les mémoriaux tourne, en premier lieu, autour de la question de sa­voir comment on pourra faire mieux connaître aux jeunes gens l'im­portance particulière des crimes commis au nom du régime nazi. Dans ce contexte, le terme „initiation aux Droits de l'Homme” aurait été souvent évoqué ces dernières années. Les congrès qui se te­naient en 2006 à Sarrebruck et en 2007 à Sélestat et auxquels la Centrale régionale de Formation politique a partcipé, ont en effet démontré que c'est là que se trouvait le point de départ d'une coopé­ration transfrontalière des lieux de mémoire. Madame Erzgräber souligne qu'il est indispensable d'analyser les expériences faites dans le cadre du travail pédagogique dans les mémoriaux – que ces expériences soient de même nature ou qu'elles soient différentes. Dans une deuxième démarche – si possible axée sur la pratique, on est censé trouver des projets pédagogiques communs permettant aux mémoriaux de rester en contact. En conclusion, Madame Erz­gräber souhaite aux participants que ce congrès soit couronné de succès.

 

Présentation du travail pédagogique au „Centre européen du résistant déporté / Site de l'ancien camp de Natzweiler-Stru­thof“ (Mme Valérie Drechsler, Directrice du „Centre européen du résistant déporté“)

P. 32


Présentation du travail pédagogique au „Mémorial National du Fort de Breendonk“ à Willebroek / Belgique (Monsieur Olivier van der Wilt, conservateur au „Mémorial National du Fort de Breendonk“)

P. 44

 

Ateliers trinationaux „Les regards croisés“: les différentes perspectives du travail de mémoire en France, en Belgique et en Allemagne

 

Atelier N° 1: „Et puis les tourists” - animé par Madame Mar­tina Ruppert-Kelly

Les participants de l'atelier n°1 regardent le film „Am Ende kommen Touristen“ („Et puis les touristes „) du réalisateur Robert Thalheim. Ce long-métrage primé à l'occasion du “Munich Film Festival“ en 2007 parle d'un jeune objecteur de conscience qui effectue son ser­vice civil au mémorial de Auschwitz. Cet ouvrage offre de façon mul­tiple des „regards croisés” sur le national-socialisme et le travail de mémoire, sur les perspectives allemande et polonaise, sur celle d'un objecteur de conscience de la troisième génération et sur celle d'un témoin, sur le passé et sur l'époque actuelle. De manière impres­sionnante, ce film met l'accent sur la recherche d'un rapport appro­prié à l'histoire.

Se basant sur le film, les participants discutent les sujets suivants: discours et silence à l'ombre de persécution et extermination; des­cendants des „bourreaux” dans le pays des „victims”; la troi­sième génération et la recherche d'un rapport approprié à l'histoire.

 

Atelier N° 2: „’Regards croisés' Qu'est-ce que c'est ?” - animé par Monsieur Heribert Fachinger

D'où viennent les perspectives différentes en matière de travail de mémoire? Existent-elles vraiment? A quoi consistent-elles? Com­ment s'y prendre dans le cadre de la coopération? Ces questions incitent les participants à un débat ouvert et profond.

 

Atelier N° 3: „Les regards croisés du point de vue des 'bour­reaux' et des 'victimes'“ animé par le Dr. Albrecht Gill

Les situations historiques de départ du travail de mémoire en France et en Belgique d'un côté et en Allemagne de l'autre côté ne sont pas les mêmes: l'Allemagne est le pays des „bourreaux“ alors que la France et la Belgique se considèrent comme les victimes du natio­nal-socialisme. Est-ce bien comme ça? Que signifie cela pour le travail de mémoire dans les différents pays et notamment pour la coopération de ces pays? Doit-on toujours rester adhéré au „schéma bourreaux-victimes“? Y a-t-il d'autres solutions ou de nouvelles perspectives? Telles sont les questions auxquelles se consacre cet atelier.

 

Entretien avec Monsieur François Amoudruz, témoin de l'épo­que

Le témoin français François Amoudruz, né en 1926, parle de son triste sort pendant l'époque nazie. A l'âge de 17 ans, il commença ses études de droit à l'université de Strasbourg. Pour des raisons politiques, il fut d'abord déporté à Buchenwald avant de connaître le camp de Flossenbürg et son Kommando de Johanngeorgenstadt. Jusqu'à nos jours, François Amoudruz se considère comme quel­qu'un qui s'adresse surtout aux jeunes mais aussi aux adultes pour témoigner de cette époque, pour que les crimes commis pendant ces années-là ne se reproduisent plus jamais.

 

Allocutions de bienvenue: Messieurs Bernd Müller, maire de la ville de Osthofen, et Ernst Walter Görisch, chef du district Alzey-Worms

Messieurs Müller et Görisch souhaitent la bienvenue aux participants à ce congrès, notamment à ceux étant venus de l'étranger. Ils relè­vent les particularités de la Hesse Rhénane ainsi que de la ville de Osthofen.

 

 

Mercredi, 5 novembre 2008

 

Présentation du livre intitulé „Les pendaisons de Tulle“ de Bruno Kartheuser, Belgique

Pendant onze ans, Monsieur Bruno Kartheuser a mené des recher­ches avant de publier les quatre tomes de son ouvrage „Les pen­daisons de Tulle“. Il y relate la pendaison de 99 civils par la division SS „Das Reich” - un acte de représailles suite à une attaque lan­cée auparavant par des résistants. Nombre de ces responsables nazis n'ont jamais été jugés pour leurs crimes.

 

Entretien avec Monsieur Hubert France, témoin de l'époque

Le témoin français Hubert France, né en 1927, dut quitter sa Lorraine natale. Lui et toute sa famille furent déportés dans un camp d'inter­nement en Silésie. Ils étaient en effet considérés comme „politi­quement peu fiables” puisqu'ils s'opposaient à la politique de ger­manisation imposée par les occupants nazis.

 

Présentation du „Chemin de la Mémoire et des Droits de l'Homme“ (Renée Weber, CIDH Sélestat)

Depuis 1994, un journaliste allemand amène des groupes au Struthof. Il a eu l'idée de rallier ces groupes autour du travail de mémoire et des Droits de l'Homme. Ainsi, on pouvait créer un réseau de sen­tiers pédestres et de routes reliant les différents lieux de mémoire. Madame Weber en présente quelques-uns ainsi que le dépliant dé­veloppé dans ce but, un ouvrage créé en coopération avec les par­tenaires allemands. Monsieur Bader propose de prolonger ce chemin au-delà de la frontière et d'intégrer dans ce réseau les lieux de mé­moire situés en Rhénanie-Palatinat.

 

Présentation en séance plénière des résultats obtenus dans les ateliers

Les responsables des différents ateliers présentent brièvement leurs résultats.

 

Atelier N° 1: „Et puis les touristes“

Certes, le film „Et puis les touristes“ s'appuie sur les souvenirs du réalisateur Robert Thalheim qu'il a de l'époque où il effectua son service civil à Auschwitz; il s'agit pourtant d'une fiction et non pas d'un documentaire. Pour les participants à cet atelier, ce film soulève de nombreuses questions sans pour autant y donner des réponses concrètes ce qui est dû à sa conception très ouverte. Il s'agit en effet d'un film qui traite le sujet de „Auschwitz“ du point de vue actuel; le camp d'origine, en revanche, on ne le voit qu'à peine. Au centre du film se posent les deux questions suivantes: „Comment représenter quelque chose que, à vrai dire, on n'est pas à même de représen­ter?“ et „Comment s'y prendre avec une époque quand il n'y aura plus de témoins?“. Les relations réciproques de différentes généra­tions constituent un autre thème central de ce long-métrage. De plus, le film met en garde contre une nouvelle forme de tourisme à sensa­tion.

 

Atelier N° 2: „'Regards croisés' Qu'est-ce que c'est ?“

A l'issue d'un débat intense, les participants mettent au point une charte comprenant huit objectifs susceptibles de servir de schéma en vue du développement du travail de mémoire dans les pays partici­pant à ce congrès.

Les responsables et représentants des „lieux de mémoire“ ici présents s'engagent à

·         veiller au maintien de l'enseignement de l'histoire ainsi qu'à la connaissance et la reconnaissance de la mémoire européenne plurielle dans nos mémoriaux.

·         stimuler le dialogue interculturel et intégrateur européen transfrontalier.

·         promouvoir le respect des Droits de l'Homme.

·         protéger l'authenticité de nos lieux de mémoire.

·         garder un contact permanent avec les institutions et organismes éducatifs européens, nationaux et régionaux ainsi qu'avec les acteurs du monde de l'éducation.

·         contribuer à former des passeurs de mémoire, multiplicateurs des valeurs démocratiques.

·         soigner un questionnement permanent sur les méthodes pédagogiques dans nos mémoriaux.

·         promouvoir la mise en réseau international des mémoriaux et institutions partenaires.

 

Dans la pratique, tout ceci passera par un échange systématique de nos ressources pédagogiques, des bibliographies et d'un inventaire de nos bibliothèques et de nos archives par la création de liens ac­tifs, entre autres de chemins réels comme le dialogue ou virtuels entre nos „lieux de mémoire”.

 

A cette fin, les responsables et représentants des „lieux de mé­moiré” ici présents décident de se réunir régulièrement, au moins une fois par an, dans un mémorial de leur choix commun, afin de discuter et d'échanger leurs expériences relatives à cette déclaration.

 

Atelier N° 3: „Les regards croisés du point de vue des 'bour­reaux' et des 'victimes'“

Dans cet atelier, deux termes se trouvent au centre du débat, à sa­voir ceux de „bourreau” (=Täter) et de “suiveur” (=Mitläufer). Le terme de „Bystanders“ peut-il y être utile? Les participants de ce groupe se prononcent sans ambiguïté en faveur d'un sens collectif des responsabilités tout en rejetant toute forme de manichéisme. La vision de „humanité” doit servir de base commune pour le travail quotidien sur les lieux de mémoire. Il s'agit de confronter les groupes cibles avec les événements d'actualité (consternation personnelle et empathie). Les participants de cet atelier soulignent que, en vue d'une meilleure compréhensibilité, certains termes („Mitläufer, Bys­tanders”) doivent être clairement définis; en plus, ils relèvent que le caractère unique du génocide des Juifs reste toujours en vigueur et que la prise en considération de toutes les catégories de victimes est indispensable.

 

Possibilités d'une coopération des lieux de mémoire en France, Belgique, Allemagne et au Luxembourg dans les domaines de la conception et de l'organisation.

- Evaluation des résultats du congrès -

Un procès-verbal du congrès comprenant tous les résultats sera établi et envoyé à tous les participants d'ici le 28 février 2009; il sera complété d'une liste d'adresses afin d'assurer une meilleure mise en réseau. Il est de surcroît prévu de publier une documentation com­prenant l'ensemble des interventions et des conférences tenus dans le cadre de ce congrès. Monsieur Bader propose que l'on organise un tel congrès une fois par an à des endroits différents – proposition que tout le monde approuve. Steve Kayser suggère d'organiser l'édi­tion 2009 au Luxembourg; les participants y donnent leur feu vert.

En conclusion, Monsieur Bader remercie tous les participants d'avoir contribué de manière intense et productive à la réussite de ce congrès. Il remercie tout particulièrement les deux témoins, Mes­sieurs François Amoudruz et Hubert France, d'avoir enrichi cette réunion de leur témoignage.